03.01.2004Ethiopie, des crimes par incompétence

Kofi Annan a fait un appel pour envoyer l’aide alimentaire aux pays de la Corne d’ Afrique.
Rien de plus juste dans le cas de l’Ethiopie. Avec 60 millions d’habitants elle occupe le poste 172 de 174 pays, selon le PNUD. La dénutrition est de l’ordre de 64%, la scolarisation 25% y moins de 20% accède à l’eau potable.
A juste titre l’UNICEF demande une aide d’urgence, mais nous les professionnels et les intellectuels nous avons l’obligation de nous poser le problème dans sa réalité authentique. De quelle autorité les bien nourris dirigeants éthiopiens accusent-ils l’Occident “d’attendre jusqu’à voire des squelettes aux écrans pour venir en aide » ? Il est vraie que la sécheresse menace des millions de personnes déplacées à cause de la guerre civile entre éthiopiens et érythréens, qui a provoqué l’abandon des champs ; que la protection contre l’avancée du désert, le maintien des puits, le nettoyage des canaux et l’état des réservoirs pour reprendre les eaux de pluies, depuis Hérodote, obéissent à des cycles déterminés. Ne jetons pas toute la faute aux cyclones, aux sécheresses et aux séismes. La guerre est la plus grande cause des malheurs et de l’appauvrissement des peuples : dans cette guerre on dépense journellement 200 millions de pesetas environ. Comme dans la guerre civile du Sudan oú l’on a dépensé, pendant 16 ans, un million et demi de dollars par jour.
Nous devrions appeler criminels les vendeurs d’armes qui nourrissent ces guerres. Et les Gouvernements qui le permettent. Haïle Selassi a régné de 1930 à 1974, sous un régime féodal que a saigné á blanc le peuple tandis qu’il nourrissait avec de la viande fraîche les léopards qu’il entretenait dans son jardin. Haïle Mariam Mengistu, le “Negus noir” qui l’a renversé, a instauré une dictature staliniste, pendant douze ans, qui n’a profité qu’aux militaires. On s’attendait de Mélés Zenawi, qui l’a éliminé en 1991, une réforme socio-économique. Depuis 1998 il n’a fait que dilapider les quelques conquêtes du début de son mandat en achetant des armes pour la guerre contre L’Erythrée pour quelques kilomètres de désert et une sortie à la mer. L’occident le savait quand elle consentit à son démembrement, mais les intérêts des puissances étaient plus axés sur le contrôle de l’accès sur la Mer Rouge que sur la cohabitation civilisée des peuples.
Il n’y a pas seulement des crimes de guerre ou contre l’humanité. Il y a aussi des crimes des dirigeants incompétents contre leurs peuples.

José Carlos García Fajardo
Professeur de Pensée Politique (UCM) et Directeur de le CCS
Traduit par Marcos Suka-Umu Uka
ccs@solidarios.org.es