22.03.2004Ils ne savaint pas que c’était impossible

C’est pourquoi ils l’on fait. Parce qu’il y a très peu de plaisirs aussi forts que de voir avancer des causes qui semblent impossibles. Toute l’histoire de l’humanité est construite sur des exploits, sur des faits mémorables pleins de sagesse. Des faits basés sur l’expérience et qui engendrent des faits nouveaux.
« Nous n’écrivons pas pour qu’ils sachent, mais pour qu’ils n’oublient pas ».
C’est pour cela que nous ne pouvons pas permettre qu’ils mettent en vente la mémoire et qu’ils la privatisent en même temps.
Non seulement parce que ce sera le commencement de nous perdre les uns les autres, mais aussi parce que la mémoire est le seul espoir qui nous reste pour ouvrir un lendemain qui est en nous mais abandonné de l’autre côté du miroir. Nous devons nous défendre de l’oubli pour empêcher qu’ils nous privatisent et nous homologuent, et que nous perdions la magie de la parole. Nous devons laisser la meilleure place à la parole qui transite, afin qu’elle nous cherche et nous trouve.
Nous sommes des êtres humains parce que la parole nous transite, et se réalise en un soi qui accueille.
Le mot personne est synonyme de masque qui s’exprime par des gestes. S’il n’y a pas un toi, il n’y a pas de parole, il n’y a que du bruit. Que tous ceux qui sont différents parlent. Qu’ils parlent et retrouvent la mémoire, afin qu’ils puissent conspirer et façonner un futur meilleur pour tous. »
Parfois la vie semble peser parce que nous la prenons au substantif alors qu’il faut courir le risque de la prendre à l’infinitif. André Malraux répondit au Général de Gaulle : « même si la vie n’avait pas de sens, vivre doit avoir un sens ».Nous n’osons pas être en désaccord et nous nous attachons au concept vide de sécurité que l’on nous vend sous toutes les formes. Comme s’il y avait quelque chose de plus sûre que l’incertitude porteuse de défis qui transforment les problèmes. Peut-être que la phrase la plus révelatrice du Quichotte soit « Je sais qui je suis, Sancho mon ami ».
Devant le malaise d’un monde en crise, il faut s’attacher à la mémoire et donner de l’espace à la parole. Dans le labyrinte de miroires qu’est devenu l’histoire contemporaine, il faut tailler ces miroires et les transformer en verres pour voir ce que nous pouvons être. »Les miroires servent à voir de ce côté-ci, les verres servent à les traverser miroires et passer de l’autre côté », et commencer par être heureux en aimant ce que nous faisons pour surmonter la solitude collective qui entrera en crise si nous nous le proposons. Sauvons la mémoire de l’oubli.

José Carlos García Fajardo.
* Professeur Maître d’Histoire de la Pensée Politique et Sociale et Directeur du CCS
Traduit par Marcos Suka Umu-Suka
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