18.07.2005Ils nous rendent notre visite

Quelque chose est en train de changer dans notre société. Les immigrants ne sont plus perçu comme la menace latente et malheureuse, comme la présence inconfortable, comme la mémoire rejetée de ce que nous avons été les Européens: expatriés en terre étrangère. Maintenant ils nous rendent la visite que nous leur avons faite pendant cinq siècles.
La chaîne 1 de la télévision espagnole a émis un reportage splendide sur la péripétie d’un sénégalais immigrant, les cameras l’on suivi pas à pas jusqu’à son heureuse arrivée à Barcelone.
Une audience en haleine et complètement acquise à la cause de cet africain.
Très bien filmée, avec des plans convaincants et sans aucune complaisance pour le folklore ou le sentimentalisme. Nous accompagnons le protagoniste, Ibrahim, depuis le jour où il avait annonce à toute sa famille, réunie dans la cour sous le grand acacia, qu’il a pris la décision d’obtempérer à l’appel de son grand frère qui lui avait trouve du travail à Barcelone, qui lui envoyait de l’argent, indépendamment de la somme qu’il envoyait régulièrement à la famille, pour payer les frais du voyage et pour les intermédiaires.
Il parle avec respect et souligne l’importance de la famille, des traditions, de l’attachement à sa terre, du respect à sa mère, qui préside la cérémonie toute belle et les larmes aux yeux, de ses jeunes frères et de sa fiancée, que la camera présente en gros plan, tandis que la voix de Ibrahim exprime son émotion face a sa beauté et a sa qualité humaine dans le compromis qui les unit, et qui les obligera à rester cinq ans séparés. Les vieillards du lieu sont aussi présents avec beaucoup de dignité. C’est sûr qu-il va revenir. Il prétend tout simplement gagner un peu d’argent pour pallier les désastres provoqués par la colonisation dans l’agriculture des peuples d’Afrique qui avaient été autosuffisants pendant des siècles et qui ont vu détruites leurs économies quand les métropoles avaient obligé a arracher les cultures vivrières pour cultiver des produits pour l’exploitation industrielle : coton, cacahuète, jute, sorgho en régime de monoculture. Le reportage de « Documents TV “fait une analyse rigoureuse des causes de la pauvreté dans le soit disant Tiers Monde, motivée par les pillages des colonisateurs, des conquérants et des fondamentalistes religieux qui par mépris des croyances et coutumes locales ont imposé les leurs.
Sa fiancée avait toujours été au courant de ses projets, mais Ibrahim ne voulait pas attrister le reste de la famille. Tous les deux avaient étudié à Dakar, démontant ainsi, une fois de plus, le mythe selon lequel c’est les plus pauvres qui émigrent. En réalité c’est les communautés qui choisissent et soutiennent les mieux formés parce qu’ils pourront plus facilement se frayer un chemin. Ibrahim avait étudiée pour être agent de maîtrise et elle était topographe. Ils parlent parfaitement français et plusieurs langues du pays.
Apres avoir reçue la bénédiction des vieux et les embrassades les larmes au yeux de tous les autres, la mère saisit une cruche d’eau et marchant derrière le fils versait un jet frais dans chaque trace de ses foulées. Pour que le chemin lui soit propice et les vents frais.
Sans regarder en arrière, Ibrahim arrivé au portail se baissa et avec son index traça neuf lignes parallèles sur le sable, sous un silence impressionnant. Pour que les chemins s’ouvrent facilement devant lui. Il ne tracera la dixième qu’au moment de rentrer avec les siens.
Des Gouvernements myopes qui voulaient protéger les intérêts économiques des grandes fortunes nationales et transnationales, ne pouvant se passer de la main d’œuvre absolument nécessaire qu’offrent des étrangers beaucoup mieux préparés que ce qu’il nous ont fait croire, mettent l’accent sur la menace contre notre religion, nos coutumes et les avantages obtenues à force d’exploiter les richesses naturels d’autres peuples, et une main d’oeuvre avilie.
L’Europe a besoin, pour survivre, de l’aide de ces jeunes gens qui savent travailler, engendrent des enfants et contribuent à éviter l’échec de notre crise de natalité par leurs cotisations à la sécurité sociale et au maintien de quelques pensions pour une population chaque fois plus vieille. Le dernier Rapport de l’ONU constate que l’UE a besoin du double d’immigrants pour maintenir son niveau de développement.
Les conservateurs de la pensée ultralibérale nous menacent avec les dangers du multiculturalisme qu’ils préconisent. Ils contribuent à créer des ghettos dans les villes, au lieu d’encourager un dialogue interculturel enrichissant pour tous, qui peut éclairer notre cheminement.
Une nouvelle société métisse est en train de naître. La sensibilité intelligente et subtile des dirigeants et des médias devrait faciliter et régler la coexistence pour le bien de tous.
Des reportages de ce genre, de même que la nouvelle série « Volontaires » qu’offre TVE 2, sont des exemples admirables qui nous encouragent à faire réalité notre espoir.

José Carlos García Fajardo
Professeur Maître d’Histoire de la Pensée Politique et Sociale et Directeur du CCS
Traduit par Marcos Suka Umu-Suka
ccs@solidarios.org.es