26.07.2005Blessures ouvertes

Il est impossible de concevoir une démocratie si une partie de la population est exclue et ne participe pas; la question sociale est essentielle. Le sociologue français, Sami Naïr, est l´auteur d´un livre fondamental sur les flux migrateurs dans la Méditerrannée: Les tâches ouvertes. Les deux rives de la Méditerrannée: un destin conflictuel? Sa lecture est tès recommendée. Il est nécessaire d´éclaircir les concepts sur l´émigration: la psychose d´une invasion d´émigrants et le manque de fondement de l´impact des travailleurs étrangers sur le chômage et la productivité.
Les étrangers qui vivent en Espagne représentent à peine 3% de la population. En France, ils concernent 6,5%, en Belgique 9%, au Luxembourg 32%, en Suisse 17,5%, en Allemagne 7,5% et en Autriche 6,5%. Comme le montre A. Izquierdo, dans L´immigration inattendue, l´exagération des chiffres est un fait idéologique et un composant inducteur de le xénophobie.
L´intégration europénne sera impossible si le Sud de la Méditerranée subsiste dans la misère: le Sud requiert de partager les bénéfices de la richesse. D´où que J. Estefanía, dans le prologue du livre cité, ait rassemblé les déclarations du leader algérien Ben Bella: “Que cela serait absurde si l´Espagne accueillait les polonais et refusait les marrocains et algériens, une Espagne qui essayerait de contrôler l´immigration en deployant l´Armée comme le fait l´Italie, avec les réfugiés albanais au Brindisi. Même si l´Europe veut vivre à l´intérieur de ses murs et ignorer le reste du monde, le reste du monde néanmoins n´ignorera pas l´Europe. Le Sud est un faubourg de cabanes avec un domaine de golf en face. Que peut-il arriver? Une invasion du terrain. Pour empêcher cela il n´y a qu´une formule: que le faubourg vive mieux. L´Europe doit aider les pays du Sud à se développer, en suivant ses propres chemins”
Sami Naïr propose de créer un lieu de rencontre, d´échange et de solidarité qui prenne en compte le métissage des rivières de la Méditerrannée. Plutôt que de considérer la mer comme une frontière, considérer la Méditerrannée comme un espace commun. On ne peut pas promouvoir l´entrée massive ni soutenir une politique d´immigration sans aborder les conditions de vie d´où procèdent les immigrants. L´Espagne, terre d´asile, doit promouvoir la plus généreuse politique et ne pas laisser la libre circulation pour les capitales tant que l´on est avare avec les persones qui, souvent, se sentent obligées d´émigrer pour les excès d´une globalisation démesurée et maladroite car inhumaine.

José Carlos García Fajardo
Professeur Maître d’Histoire de la Pensée Politique et Sociale et Directeur du CCS
Traduit par Marcos Suka Umu-Suka
ccs@solidarios.org.es