26.09.2005Le droit au bonheur

Au fur et à mesure que les êtres humains maîtrisaient la nature hostile pour s’en servir, ils amélioraient la coexistence sociale et entamaient des relations de coopération et d’amitié avec d’autres communautés et avec d’autres peuples. Le dépassement de la confrontation et surtout le genre le plus inhumain : la guerre , avait fait comprendre aux responsables des différentes cultures et civilisations que le progrès allait de la main avec la croissance économique et que ce que nous appelons aujourd’hui développement social n’était pas en marge des structures politiques qui le régissaient. C’est pour cela que les périodes les plus glorieuses de création culturelle, de profondeur philosophique, de progrès des sciences et des techniques correspondent aux longues périodes de paix basée sur la justice.
Les grandes révolutions qui marquent l’histoire de l’humanité en pleine évoloution sont des jalons qui, comme des pierres angulaires, soutiennent les colonnes fondamentales des structures des différentes cultures et civilisations qui comme des édifices, émergent, se détruisent, et sur les ruines on construit des nouvelles édifications. C’est ainsi que la plus récente révolution industrielle est à l’origine de la domination de quelques peuples sur d’autres à l’échelle universelle, avec comme seuls critères : le développement économique et le pouvoir de la force sur la raison et la justice.
Tout cela devait donner lieu à la naissance des classes sociales exploités et marginalisés qui un jour prirent conscience de leur condition et s’érigèrent en protagonistes d’une révolution à caractère sociale, contrairement à celles du passé qui s’étaient appuyé sur de concepts comme le groupe, l’ethnie, le peuple, le territoire, la maîtrise des techniques, la religion toujours (très proche du pouvoir), la civilisation, la langue, la nation, l’empire ou des drôles des théories sans fondement comme « l’espace vital » ou les « frontières naturelles ».
Quand la technologie transforma ses possesseurs et s’érigea en technocratie, la séparation tragique entre la sagesse d’un côté et la science et la technique de l’autre s’accompli par l’absurde et irrationnel domination de la première par les deux autres. Déjà la domination de la science sur la sagesse et sur les instances les plus profondes de l’être humain comme l’intuition, les sentiments exprimés par les convictions dues aux traditions des manifestations religieuses, en plus du besoin d’harmonie et d’unité, d’éternité et de trascendence, de justice et de paix, de la recherche du bonheur et de la vérité dans sa forme la plus éminente concrétisée dans le concept du bien suprême ou divinité, avaient supposé un déracinement si radical et profond, que les individus et les peuples commencèrent à errer sans boussole avec la seule ambition d’avoir la sécurité à n’importe quel prix, qui les amena à la perte des valeurs qui témoignaient de leurs conscience comme personnes, et à se dégrader jusqu’à devenir des individus objets de transactions, de spéculation ou d’affrontements dont le seul critère est l’utilité. Cette idée de bonheur à tout prix entraîna la perte de l’identité basée sur des profondes racines qui reflétaient le visage originaire des êtres humains comme individus, de la nature comme un milieu accueillant et nourricier et du cosmos comme partie intégrante de cet être total dans lequel nous vivons, nous nous mouvons et nous y sommes.
Au cours du dernier siècle ce sont succédés les plus terribles guerres de l’histoire de l’humanité, les catastrophes sous forme d’agressions contre l’environnement, les dégradations des êtres humains, traités comme jamais l’on été les animaux, par une extermination systématique avec des souffrances inde cibles, l’éradication de la conscience et des sentiments, des traditions et des identités des individus et des peuples, bref, l´éradication des valeurs ; érigeant la compétitivité en style, la soif de biens matériels en norme et l’aliénation des sens comme seul critère de survie dans un monde que l’on considère hostile et qui n’a de sens que comme instrument pour noyer l’hurlement de la solitude et l’isolement qui se sont enracinés dans les êtres humains pour étouffer leurs peurs.
Par le triomphe de l’informatique, un peu plus qu´avec le pouvoir illimité de l’énergie nucléaire et des engins destructifs au service des intérêts des puissances pour les guerres ; a cause de la proximité et l’instantanéité de l’information sur tout ce qui se passe dans n’importe quel région de la planète, de l’agression des moyens de communication qui nous bombardent avec des impératifs publicitaires même dans le plus intime coin de nos foyers,de la tyrannie de posséder sur l’évidence connaturelle d’être…femmes et hommes sur la planète, vieillards et enfants, sains et malades, pauvres et ceux qui se considèrent riches en biens matériels, nous survivons déracinés dans un climat d’angoisse. La peur est la cause de la douleur étendu qui naît, une fois de plus, de la rage produite par la crainte, par la concupiscence des sens, par l’attachement à l’envie de posséder des choses, par la cupidité de reconnaissances éphémères et, en résumé, par la désorientation causée par la perte du sens de vivre dignement en harmonie avec tout ce qui existe, solidairement avec tous les autres êtres et avec une transcendance née de la contemplation, de l’authentique expérience( pas l’expérience du à l’expérimentation) qui s’adapte aux lois internes de l’univers et nous mène à la plénitude de l’être et de l’existence qui est l’authentique bonheur auquel tout le monde aspire même sans le savoir.
La planète n’a jamais été dans une situation aussi proche de la destruction de l’écosystème, de l’extinction des millions d’individus et au changement du paradigme qui pourrait détruire toutes les réalisations de l’humanité au lieu de s’ouvrir à des nouveaux modèles qui font passer le social devant l’Etat, le côté humain devant la tyrannie de la technocratie et le bonheur devant la croissance sans contrôle.
Dans le monde ou nous vivons règne l’inégalité injuste entre les états, entre les peuples et surtout entre les êtres humains. L’environnement ne peut pas résister pendant longtemps à l’agression systématique et soutenue qui mène à l’extermination des espèces, de la vie dans les fleuves et dans les mers, dans les forets et du sol par une galopante érosion et désertification ; avec des situations de pauvreté, de famine, de maladies infectieuses, de manque de logements, d’inculture et de manque d’éducation de base pour plus d’un milliard de personnes, de déracinement pour des dizaines de millions d’immigrants, de travail inhumain pour des millions d’enfants, d’exploitation de centaines des pays du Sud par quelques dizaines de peuples du Nord, de morts atroces à cause des guerres dans lesquelles le nombre de victimes civiles dépasse déjà largement celui des combattants, de ségrégation et de discrimination pour des centaines d’êtres humains dans un monde où ils est possible de remédier à tous ces fléaux, car ils sont causés par l’injustice des hommes et parce que la planète est capable de nourrir ses habitants à condition que l’on agisse avec justice, sagesse, intelligence et solidarité. Et avec le sens commun, car notre vie en dépend.
A cause de tout ceci, nous courons le risque d’institutionnaliser les effets en passant sous silence les causes de ces injustices, ces discriminations et tant de douleur et de marginalisation de beaucoup d’êtres humains qui on le même droit à une vie digne comme n’importe quel autre individu, puisque nous sommes des citoyens d’un monde devenu une communauté globale avec un destin solidaire.

José Carlos García Fajardo
Professeur Maître d’Histoire de la Pensée Politique et Sociale et Directeur du CCS
Traduit par Marcos Suka Umu-Suka
ccs@solidarios.org.es