20.12.2005L’esprit du Volontariat Social

Le devoir de l’épanouissement intégral de la personne et de la société ne relève ni de la compétence de l’État ni des partis politiques ni des diverses confessions religieuses. L’être humain est le protagoniste de son épanouissement, avec sa famille et ses amis, dans son entourage, avec sa culture et ses options libres. Il pourra toujours avoir la coopération mais jamais l’imposition qui ne respecte ni la liberté, ni la justice et ni le droit fondamental de chercher le bonheur ; car l’être humain est né pour être heureux. Le bonheur projette les potentialités dans un épanouissement équilibré qui mène vers plénitude de l’être comme personne. Si nous ne délimitons pas la portée des mots, ce sera le triomphe de la force, de l’empire des sens, de l’exploitation des plus faibles et de l’orgueil, source de mécontentement et d’isolement appauvrissant.
Le mot solidaire provient de solidus, monnaie d’or romain, consolidé et non variable. Le mot solidarité se réfère à la responsabilité assumée in solidum envers une autre personne ou un groupe. Les personnes s’attachent parce qu’elles ont conscience d’être ouvertes aux autres, et parce qu’elles sont des êtres de rencontre et pas seulement des simples individus isolés.
La solidarité dépend de la sensibilité aux valeurs qui demandent d’être effectués par des gens qui sentent l’appel de quelque chose pour laquelle ils parient. Il s’ensuit que la solidarité implique générosité, désintéressement, participation et force. Quand nous nous s’attachons solidairement aux autres nous voyons apparaître une énergie et une joie qui produit des manières précieuses d’unité et des espaces de liberté, de compréhension, de coopération et de justice.
On parle de la nécessité de “s’épanouir” et d’être authentiques. Rappelons que authentikós c’est celui qui a l’autorité, et celle-ci dérive de augere, promouvoir. Il a autorité sur quelqu’un celui qui le favorise ou le promeut : est authentique celui qui a les rênes de son être, il possède l’initiative et il ne nous déçoit pas parce qu’il est cohérent et il nous enrichit avec sa manière d’être, stable et sincère. López Quitás dit dans Le Livre des valeurs que pour posséder ce genre de souveraineté l’homme doit s’accepter lui-même ; prendre sa vie comme un cadeau et assumer des conditions de vie qu’il n’a pas choisies : attributs, sexe, famille, nation. Il faut accepter cette vie avec ses implications : nécessité de la configurer nous- mêmes pour l’orienter vers un idéal. Si nous répondons à cet appel des valeurs nous assumons la responsabilité de vivre ouverts généreusement aux autres et à leur souci de vivre avec plénitude.

José Carlos García Fajardo
Professeur Maître d’Histoire de la Pensée Politique et Sociale et Directeur du CCS
Traduit par Marcos Suka Umu-Suka
ccs@solidarios.org.es